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Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 12:10

                                      
                                      

Incontournable. Le mot est de Benoît Hamon, porte-parole de Martine Aubry et chef de file au Parti socialiste du courant le plus à gauche et donc le plus anti-ségoléniste. Pourtant, c'est la présidente de la région Poitou-Charentes que M. Hamon a qualifiée, lundi 6 avril sur RTL, de "personnalité politique incontournable". Guadeloupe, Heuliez, Caterpillar, Dakar : quatre noms qui jalonnent, depuis six semaines, cette stratégie du tourment qui rend Ségolène Royal incontournable. Même au PS.

A défaut d'être le chef du PS et donc de l'opposition, Mme Royal adopte la posture de la conscience morale de la gauche qui, en utilisant tantôt un vocabulaire religieux, comme sur le "pardon" - celui-là même qui avait rebuté les congressistes socialistes à Reims en novembre 2008 -, tantôt un langage révolutionnaire, jette le trouble à droite et encore dans son propre camp.

La Guadeloupe, Mme Royal s'y rend le 21 février, pour les obsèques d'un syndicaliste dont l'assassinat a relancé une fièvre sociale qui monte chaque jour. L'ancienne ministre, qui a un peu vécu en Martinique dans son enfance, jette un froid au PS, n'ayant pris la peine de prévenir ni la Rue de Solférino ni les responsables locaux. Sur place, elle ne se borne pas à incarner la "France métissée" de sa campagne présidentielle. Elle recourt à un langage quasi-révolutionnaire : "Quand les parents n'arrivent plus à donner à manger à leurs enfants, ça finit mal. Souvenons-nous de la Révolution française." La droite hurle, le PS se cache.

Heuliez, c'est un symbole en Poitou-Charentes, celui de la voiture électrique, que le constructeur veut industrialiser avec le soutien du conseil régional. Quand l'entreprise, menacée, fait appel à l'Etat, la présidente de la région, qui vante la "croissance verte", sur ses terres, et, au niveau national, les accords "gagnant-gagnant" dans les PME, se porte en première ligne. Le 24 mars, à Cerizay (Deux-Sèvres), où Heuliez emploie 1 000 salariés, elle colle aux basques de Luc Chatel, secrétaire d'Etat chargé de l'industrie et de la consommation. Surtout, elle affiche une solidarité sans faille avec les syndicats et, faute d'être reçue à Bercy par Christine Lagarde, ce qu'elle avait obtenu au départ, elle interpelle Nicolas Sarkozy et des industriels proches du président. La droite polémique. Les socialistes se taisent.

Chez Caterpillar, à Grenoble, le constructeur américain d'engins de chantier prévoit de licencier 733 salariés. Avec l'aval des syndicats - renouant avec une méthode utilisée dans les années 1970 puis tombée en désuétude -, des cadres de Caterpillar sont séquestrés vingt-quatre heures. Dans Le Journal du dimanche du 5 avril, Mme Royal juge "illégal de priver quelqu'un de sa liberté de mouvement". Mais, ajoute-t-elle, "à Caterpillar, ils ont appris leur arrêt de mort sociale en lisant la presse ; et on s'étonnerait de leur réaction ?" Se défendant de prôner une "insurrection sociale", comme on l'en avait soupçonnée en Guadeloupe - "je ne suis ni une Cassandre ni Olivier Besancenot" -, l'ancienne candidate à l'Elysée n'hésite pas à lancer : "Les salariés doivent forcer le barrage de l'injustice absolue."

Des propos quasi subversifs aux yeux de l'UMP et de son porte-parole, Frédéric Lefebvre, spécialisé dans la riposte automatique à tout propos de Mme Royal. Sauf que cette compréhension sans approbation est partagée par 63 % des Français, selon un sondage IFOP-Paris Match réalisé les 2 et 3 avril, et validée par Dominique de Villepin. "Je partage complètement ce qu'elle a dit", renchérit Mme Aubry au nom du PS
.

A Dakar, lundi 6 avril, devant un public conquis par "la Négresse blanche", Mme Royal réplique au discours controversé que M. Sarkozy avait prononcé dans la même ville, le 26 juillet 2007 : "Quelqu'un est venu vous dire que "l'homme africain n'est pas entré dans l'Histoire". Pardon, pardon pour ces paroles humiliantes qui n'auraient jamais dû être prononcées et - je vous le dis en confidence - qui n'engagent ni la France ni les Français." A peine prononcé, le discours de Mme Royal, qu'elle avait pris soin de transmettre à Mme Aubry, provoque la tempête à droite, à l'exception notable du villepiniste François Goulard, qui approuve. Même François Fillon s'insurge. Mais - effet de la paix des braves entre la première secrétaire et les ségolénistes - le PS fait bloc derrière Mme Royal. "J'ai été heureuse que Ségolène ait dit ce qu'elle a dit", assure la maire de Lille, juste après avoir confié à propos de l'ancienne candidate : "Je (la) respecte en tant que telle et au-delà d'ailleurs."

La stratégie du tourment est bien huilée : plus le propos est provocant, plus la droite se déchaîne, plus elle contraint son camp à être solidaire. Mme Royal jouit pleinement de sa liberté d'électron libre quand Mme Aubry est suspendue à ses résultats, notamment aux élections européennes du 7 juin. La présidente de région cultive son ambivalence : dans le PS et en dehors, iconoclaste et consensuelle, transgressive et respectueuse de la direction de son parti. Elle reste à l'écart de son courant, L'Espoir à gauche - ne faisant même pas partie de l'équipe d'animation politique menée par Vincent Peillon -, mais celui-ci relaie ses interventions. Mme Royal joue la carte Poitou-Charentes, mais elle a relancé, le 28 mars, ses réseaux Désirs d'avenir. Quand Mme Aubry s'astreint à une (relative) diète médiatique, Mme Royal occupe l'espace. La maire de Lille peut tirer profit de sa nouvelle bienveillance pour sa rivale et parier sur un partage des rôles, avec un meeting commun aux européennes. Mais l'une et l'autre ont à rassurer. Et à être crédibles.

Par Jacques - Publié dans : Articles
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Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 11:56


Stigmatisé dans une vidéo diffusée mardi soir dans l’émission Le Grand Journal sur Canal+  où on le voyait ironiser sur les photos de Ségolène Royal habillée en boubou, parues dans Le journal Le Parisien-Aujourd’hui en France, le conseiller UMP du 15e arrondissement de Paris, Alain Destrem, a retiré ses propos hier.

Dans l’émission de Canal+, on voyait ce dernier, lors du conseil de Paris, se moquant de la photo de Ségolène Royal. Interrogé par les journalistes de la chaîne pour savoir à quoi lui faisait penser cette photo, il avait répondu "À travers cette image (…) je vois ma femme de ménage".

Le patron de l’UMP, Xavier Bertrand, avait lui-même demandé à Alain Destrem de s’excuser et de retirer ses propos. Dans un communiqué, Alain Destrem précise, "devant la multiplication des réactions" à ses propos, que son attitude "n’a été que la manifestation de (son) indignation face
aux déclarations irresponsables de Madame Royal, demandant "pardon" aux Africains pour le discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Dakar en 2007". "Tout ceci m’est apparu bien éloigné de l’image que l’on peut avoir d’une femme politique d’envergure, au demeurant ancienne candidate à la Présidence de la République", ajoute-t-il.

Et Alain Destrem de conclure : "Face à une polémique qui semble naitre, je retire mes propos".

Par Jacques - Publié dans : Articles
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Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 11:54


Dictionnaire attitude ? La socialiste Ségolène Royal vient de proposer aux éditions Plon un Dictionnaire amoureux de la politique. Il doit paraître à l’automne 2009. En début d’année la candidate aux présidentielles de 2007 a déjà publié Femme debout.

 

Ce n’est pas son premier ouvrage. Loin s’en faut. Citons Le Ras-le-bol des bébés zappeurs, La vérité d’une femme, Désirs d’avenir, Ma plus belle histoire, c’est vous, Si la gauche veut des idées…

Ségolène Royal aime les livres et les livres l’aiment. Entre ceux qu’elle signe, qu’elle co-écrit et ceux qui parlent d’elle (La Madone et le Culbuto, La Prétendante ou le pamphlet d’Eric Besson Qui connaît Mme Royal ?), elle n’est jamais vraiment absente des librairies.

Alors que Femme debout, des entretiens avec la journaliste Françoise Degois, vient de paraître en janvier chez Denoël, elle prévoit de publier dans la désormais célèbre collection de chez Plon, un Dictionnaire amoureux de la politique. Mais quand trouve-t-elle le temps d’écrire ?
Par Jacques - Publié dans : Articles
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Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 11:50

        Ségolène Royal à l'usine Heuliez, le 25 mars 2009. | REUTERS/STEPHANE MAHE

E
n demandant " pardon", à Dakar, pour le très controversé discours sur l'Afrique prononcé au même endroit par
Nicolas Sarkozy en 2007, Ségolène Royal a déclenché l'une de ces controverses dont elle a le secret.
Si le président de la République, en visite dans les Bouches-du-Rhône, a fait savoir mardi 7 avril ne pas avoir "le temps pour la polémique", le premier ministre a invité l'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle "à un peu plus de retenue et un peu plus de dignité lorsqu'elle évoque la France et ses autorités dans le monde."


Comme souvent, les responsables de l'UMP se sont relayés pour dénoncer les propos de Mme Royal. Jean-François Copé, le président du groupe à l'Assemblée nationale, les a trouvés "écoeurants",
Frédéric Lefebvre, le porte parole du parti, a accusé la présidente de la région Poitou-Charentes de "ridiculiser notre pays", Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la Famille a dénoncé un "antisarkozysme souvent hystérique".


Pour une fois, les dirigeants socialistes ont fait bloc derrière l'ancienne candidate à la présidentielle, pourtant isolée dans le parti depuis le congrès de Reims. Martine Aubry s'est dite "heureuse" des déclarations de Mme Royal et
Benoît Hamon a précisé qu'il ne "voyait pas pourquoi on irait lui chercher querelle". Ségolène Royal avait pris soin d'adresser, au préalable, la copie de son discours aux principaux dirigeants socialistes, dont Martine Aubry.


Le coup d'éclat de l'ancienne candidate à l'élection présidentielle ponctue une période où elle a occupé le devant de la scène socialiste. Elle s'est rendue aux Antilles lors du conflit social de mars, puis s'est fait l'apôtre de la croissance verte dans sa région Poitou-Charentes avant de voler au secours d'entreprises en difficulté, comme Heuliez à Cerizay (Deux-Sèvres). S'en prenant durement à Nicolas Sarkozy comme à ses ministres, assurant "comprendre" certaines actions de salariés en grève - tout en "condamnant toute forme de violence" -, Mme Royal n'hésite pas à afficher une forme de radicalité.


A l'opposé, la nouvelle direction du parti socialiste - comme la première secrétaire, Martine Aubry - peine à trouver le bon angle de tir face au gouvernement. Electron-libre, l'ancienne candidate à la présidentielle n'a pas à assumer les contingences de la gestion d'un collectif, contrairement à sa rivale dont la capacité d'expression est forcément contrainte.


Bénéficiant du soutien plus ou moins contraint du PS, exposée aux tirs croisés de la droite, elle s'estime "incontournable" sans parvenir pour autant à s'imposer comme la figure de proue de la gauche. Le registre, délibérément radical, dans lequel elle inscrit son expression lui donne de la visibilité mais ne lui permet pas de combler son principal handicap d'image. Une bonne partie de l'opinion ne la trouve guère rassurante. Les derniers sondages suggèrent que, pour l'instant, l'énergie qu'elle déploie ne lui a pas permis de redresser sa cote de popularité. Dans la dernière enquête Ipsos-Le Point, celle-ci reste inchangée à 32 % alors que Martine Aubry (52 %) gagne quatre points et
Dominique Strauss-Kahn onze.

Par Jacques - Publié dans : Articles
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Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 11:47

                                                          

La leader socialiste est à ce jour la seule à intégrer deux nouvelles données : l'hyper-visibilité incontournable et le nouveau timing de la présidentielle.


Au lendemain de la présidentielle 2007, la France a ouvert le débat sur le nouveau rythme de communication. Jean-Louis Missika (Le Monde 05/09/07) puis Alastair Campbell (Le Monde 17/09/07) ont exposé avec détails et conviction les enjeux de ce sujet.

Au-delà des divergences, il y a un constat commun. La nouvelle ère de communication réside dans le fait de considérer l'opinion comme seul interlocuteur permanent.

L'hyper-visibilité est devenue une nécessité. Elle est la seule façon de maintenir le lien avec un public de plus en plus exposé à des messages divers et de plus en plus exigeant.

Alastair Campbell (ancien Conseiller de Tony Blair) rappelle l'expression d'usage " il faut faire la météo ". L'enjeu consiste donc à préempter le terrain et à imposer aux autres d'y venir.

Pour cela, une nouvelle méthode voit le jour aux US qui est celle de la communication par un mot.

Il s'agit de prendre une marque ou le positionnement d'un homme politique et de travailler son pouvoir d'évocation par la technique de l'entonnoir : les 100 mots, puis les 50, puis les 20 et le mot clef qui résume tout.

C'est ce mot clef qu'il faut matraquer en permanence pour que l'opinion le reçoive, l'enregistre, l'accepte, se l'approprie.

Dans la journée, tout est zapping.

Pour échapper à cette érosion immédiate, le message doit être percutant, concret, unique et répété.

Il doit être unique dans son évocation mais multiple dans ses applications. Parce qu'il est unique dans son évocation, il admet la répétition qui est la meilleure garantie de sa perception.

C'est la technique mise en application par Nicolas Sarkozy avant la présidentielle 2007.

Ségolène Royal a choisi de casser le " politiquement correct ".

La polémique enfle à cet instant. Elle se calme et il ne reste que le pouvoir d'évocation quand quelques jours plus tard l'opinion est passée à un autre sujet.

Cette méthode ne résiste pas devant deux assassins :
les voix divergentes dans son propre camp qui imposent de démultiplier les messages donc de sortir de la logique de l'unicité,
l'erreur sur le message attendu par l'opinion.

C'est une nouvelle technique de communication qui voit progressivement le jour. Elle porte en elle la sur-exposition donc une usure accélérée.

Mais dans l'attente d'en découvrir tous les aspects négatifs, pour l'instant elle s'installe comme la clef du succès ; ce qui est loin d'être négligeable...

Par Jacques - Publié dans : Articles
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